Bulles festives
Les effervescents ont le vent en poupe et offrent une magnifique gamme à découvrir d’urgence pour que les fêtes soient joyeuses et légères.
Les bulles se rient de l’état du marché, enregistrant des résultats corrects à l’export comme en France, comparativement aux vins dits « tranquilles ». Elles pétillent et nous invitent à les découvrir pour les prochaines fêtes, où elles feront danser fruits de mer, entrées, poissons, fromages et desserts. Il y a les crémants tout d’abord, qui sont des vins mousseux VMQPRD (voir encadré ci-dessous), donc des appellations d’origine. Plusieurs régions en élaborent : l’Alsace, La Loire, le Jura, la Bourgogne et le Bordelais, le Rhône (crémant de Die) et le Languedoc (crémant de Limoux), mais c’est l’Alsace qui en produit le plus. Concentrons-nous sur cette région et son crémant d’Alsace qui a connu un succès spectaculaire depuis les années 80, représentant désormais 22 % de la production de la région et faisant de lui le leader des mousseux d’appellation en France avec 30 % des parts de marché. Ici, la plupart des blancs sont issus du Pinot blanc. Le Riesling donne des notes vives et fruitées, le Pinot gris richesse et charpente, le Chardonnay race et légèreté. Du Pinot noir naissent les crémants d’Alsace rosés et plus rarement des blancs de noirs. Ces cépages sont ramassés au tout début de l’ouverture du ban des vendanges, où le raisin offre le meilleur équilibre pour ce type de vinification.
Un premium en Alsace
L’origine des bulles alsaciennes remonte à l’Exposition universelle de Paris en 1900, lorsqu’un viticulteur alsacien assista à une démonstration de dégorgement du champagne : il décida d’adapter la méthode dans son chai ! Las de son image de « petit » champagne, le crémant d’Alsace a décidé de s’imposer sur le plan qualitatif également : les producteurs lancent pour ces vendanges-ci un premium aux conditions d’élaboration plus sévères encore que les règles définies lors de la création de l’appellation, en 1976.
De leur côté, les crémants de Bourgogne misent non seulement sur le Pinot noir, mais aussi sur le Gamay, cépage du Beaujolais par excellence. Le crémant de Loire, à base de Chenin et de l’antique Pineau d’Aunis, notamment, a eu lui aussi parmi les plus belles progressions de vente ces dernières années.
Nouveaux joueurs
Côté bulles, c’est l’effervescence ! Les bonnes notes à l’export récoltées tous marchés confondus – et particulièrement en rosé – ouvrent la porte à une gamme qui s’élargit de plus en plus, jusqu’à des mousseux élaborés en cuve, plus légers en alcool, aromatiques, avec une touche de sucre. Aux classiques Saumur et Vouvray qui reposent dans la fraîcheur des caves troglodytiques, aux délicieux Montlouis-sur-Loire, Blanquette de Limoux, Clairette de Die, il faut ajouter les italiens, asti spumante et prosecco, le cava espagnol et le sekt allemand, mais aussi les nouveaux joueurs comme les effervescents anglais et les mousseux brésiliens, suprenants d’élégance. Et oui, la Champagne a beau faire d’excellents vins, elle n’est plus la seule. Mais faisons-lui honneur le jour de l’An : des champagnes de vignerons aux marques, des bruts sans années aux sublimes millésimés, ce vignoble restera toujours un royaume à lui tout seul et ses bouteilles des joyaux à s’offrir pour les grandes occasions… mais pas seulement. On peut encore faire de bonnes affaires tout au long de l’année sur le champagne.
Quelques précisions …
Prise de mousse : le principe d’élaboration des vins mousseux, quels qu’il soient, repose sur la ”prise de mousse”. Il existe deux façons de l’obtenir. Soit en ”cuve close” (ou méthode Charmat) : on enferme le vin et on retient le gaz carbonique. Soit dans une solide bouteille de verre, c’est la ”seconde fermentation en bouteille” (ou méthode traditionnelle).
Effervescents ou mousseux ? Pourquoi faire simple ? Officiellement, on les appelle mousseux (car prise de mousse) et l’organisme fédérateur s’appelle le syndicat des vins mousseux. Effervescent est un terme encore plus général, à savoir tout ce qui n’est pas « tranquille » (sans bulle).
Vins mousseux : on distingue les vins mousseux (VM) sans durée de vieillissement imposée, les vins mousseux de qualité (VMQ) avec durée minimale de contact avec les levures et durée de vieillissement totale minimale et les vins mousseux de qualité produits dans une région déterminée (VMQPRD). Ce sont des AOC. C’est dans cette dernière catégorie que l’on trouve le champagne ainsi que les crémants. Ceux-ci sont également élaborés par ”méthode traditionnelle” : ils sont simplement issus des autres régions et n’ont donc pas droit au terme ”champagne”…
Il existe aussi les vins pétillants (VP et VPQPRD), les vins mousseux gazéifiés et les vins pétillants gazéifiés, vins tranquilles rendus mousseux par l’ajout, totale ou partielle, de gaz carbonique.

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