Vins de table : Vins de France / AOC : AOP / Vins de Pays : IGP
La danse des sigles
En pleine tourmente économique, voici la remise en forme complète de notre vignoble. Les vins de table laissent la place aux Vins de France, les AOC deviennent AOP et les vins de pays se muent en IGP… Tout cela sur fond de réforme du marché européen. Respirez un grand coup !
Nous voilà repartis dans la danse des sigles qui gèrent notre patrimoine viticole. C’est une habitude. Onivins, l’office des vins au sein du ministère de l’Agriculture, s’est mué en Viniflhor, qu’il faut déjà oublier pour retenir FranceAgriMer. Depuis le 1er août 2009, la nouvelle Organisation Commune du Marché Vin (OCM) de l’Union européenne a classé les vins en deux grandes catégories : les vins avec indication géographique (AOP et IGP) d’une part, les vins sans indication géographique d’autre part. Alors, que fait-on d’AOC (appellation d’origine contrôlée), un sigle bien connu de tous ? Essayons d’y voir plus clair.
1/Les vins de table deviennent des vins SIG (sans indication géographique), appelés «Vins de France»
Les vins de table disparaissent. Ils s’appellent désormais Vins de France. Cette nouvelle catégorie (à compter du millésime 2009) a davantage de latitude, notamment la possibilité d’indiquer sur l’étiquette le cépage et/ou le millésime. C’est un vin de liberté : les producteurs peuvent appliquer les pratiques oenologiques non interdites par la Commission européenne et les rendements sont libres. FranceAgriMer, qui en a la gestion, a voté le 16 juillet dernier les procédures de certification et de contrôles, à l’unanimité. Les Fraudes auront droit de regard sur ces vins. Dès lors qu’ils voudront indiquer les mentions de cépage et de millésime, les producteurs devront se faire habiliter et subiront des contrôles aléatoires (5 à 20 % des entreprises seront visitées tous les ans) pour vérifier la véracité des informations. Si le millésime est indiqué sur l’étiquette, 85 % des raisins doivent avoir été récoltés pendant l’année considérée, pareil pour les cépages mentionnés. Notons que la France a exclu de la liste les cépages suivants : Gewurztraminer, Sylvaner, Riesling, Mondeuse, Jacquère, Altesse, Gringet, Persan, Savagnin, Poulsard et Trousseau.
Une belle opportunité pour ces vins sans Indication Géographique
Cette catégorie peut s’avérer une magnifique opportunité. Un négociant peut d’ores et déjà assembler un Sauvignon du Val de Loire, sur la fraîcheur, avec un Sauvignon de Gascogne ou du Midi, gorgé de soleil. Il pourra l’appeler : «Sauvignon 2009». Idem pour tous les cépages. Enfin, la France pourra servir de « panier de raisin » idéal pour se constituer des bons petits vins de cépage issus des différentes régions et mettre enfin en lumière ce grand vignoble généraliste que nous sommes ! La profession en a rêvé pour « concurrencer » les Chiliens et autres pays du nouveau monde qui le font depuis des années ! Elle s’est battue pour pouvoir faire ces vins d’assemblage, jusqu’à créer un « vin de pays Vignobles de France », en 2007, qui aujourd’hui n’a plus lieu d’être. Bref, verra-t-on ces vins mystères dans nos rayons cette année ? Pas si sûr, car tout le monde marche encore sur des oeufs. Le vigneron attend la réaction et les commandes du négoce, le négoce attend vos réactions à vous, consommateurs !
2/ Les vins de pays deviennent des IGP (Indications géographiques protégées)
En application de l’organisation commune du marché du vin entrée en vigueur le 1er août 2009, les vins de pays existants (vin de pays d’Oc, vin de pays du Vaucluse…) deviennent des Indications Géographiques Protégées (IGP). Ils passent sous la compétence de l’Inao, où ils seront gérés dans un nouveau comité national spécifique en cours de création. „Cette reconnaissance comme signe officiel de la qualité est un tournant important pour les vins de pays” estime l’Inao. „Le nom des vins de pays devenus IGP va être protégé de manière forte.” Ils devront disposer d’un cahier des charges validé au 31 décembre 2011. Ils auront, globalement, plus de contraintes que les vins sans indication d’origine mais plus de souplesse que les AOC.
3/ Les AOC : refonte des cahiers des charges et réforme des agréments
Et nos fameuses AOC, vont-elles disparaître ? Non, absolument pas. L’Union européenne a nommé sa catégorie de vins de qualité AOP (Appellation d’origine protégée) mais chaque pays continuera d’utiliser son propre système. Ainsi les Italiens continueront avec leurs DOC, DOCG et les Français avec leurs AOC, toutes ces dénominations entrant dans la catégorie AOP.
Les AOC datant des années 30, la réforme était devenue criante. A ce jour, ont été déposés 274 « cahiers des charges », c’est-à-dire les directives que se fixent les vignerons pour produire leurs vins, les pièces maîtresses du système. Les critères ont été homogénéisés afin que toutes les appellations affichent distinctement leurs conditions de production, la conduite du vignoble, la vinification, bref, une vraie bible clarifiée. Reste à l’Inao à ajouter un critère supplémentaire : le « lien au terroir ». C’est le chantier 2010 des appellations. Au 31 décembre 2011, l’intégralité des cahiers des charges devront avoir été soumis à la Commission européenne qui aura jusqu’en 2014 pour valider le tout.
L’ensemble de ces réformes : un vrai casse-tête
A cela s’ajoute « la réforme de l’agrément » dont les contrôles s’avèrent être un vrai casse-tête. Perte des marchés, cours des vins en vrac en dégringolade, la viticulture doit se réformer au moment le plus difficile de son histoire. Dans une telle période, doit-on être sévère et refuser des agréments, au risque de laisser des familles sur la paille? Ou doit-on agréer tous les vins, au risque cette fois que vous, consommateur, en fassiez les frais ? Tous les bordeaux ne méritent pas d’être AOP, mais quel vigneron acceptera de déclasser ses vins en IGP ?
Le débat est vaste, les enjeux importants. La marche vers ce nouveau système est en cours, Savour Club ne manquera pas de vous tenir informé de la suite de ces réformes et de leur application.


Que fait-on de ces bouchons en plastique ou en polymère? Va-t-on au moins l’indiquer sur l’emballage pour prévenir le consommateur?
Verra-t-on apparaître un label rouge ou fermier ou vinification traditionnelle pour distinguer les véritables vins des autres où l’on mélange les levures et les cépages qui quelquefois proviennent d’autres terroirs? Encore un mauvais coup de l’Europe contre ce qui fait la renommée de la France, sa gastronomie, ses fromages et ses vins.
Pourquoi ne fait-on pas le ménage ici et maintenant- alors qu’il est fait partout, y compris parmi les fonctionnaires. Il y a encore trop de mauvais vins à l’exportation dissimulés sous des noms “prestigieux”(grandes maisons). Soyons courageux, balayons!
AOP OU AOC l’important n’est pas le sigle mais les criteres imposés surtout le rendement a l’hectare souvent beaucoup trop important
ce vin contient des sulfites tres bien mais l’important LA QUANTITE ou est elle!!!!!
Le prix n’est jamais un critére de qualité!! le sigle non plus!!!!
Le mercantilisme est trop souvent le moteur des agréments!!
Merci pour ces infos;la mention du degré alcoolique sera-t-elle obligatoire sur l’étiquette pour mettre un frein à l’envolée des degrés ces dernières années?
Que pensez-vous de cette question de l’augmentation insidieuse des degrés d’alcool dans les vins? merci de répondre. Salutations. Mr LATTELAIS.
un début de réponse sur le degré d’alcool : c’est déjà une mention obligatoire de l’étiquette. Pour la notion d’augmentation du degré dans les vins, je laisse la parole à nos spécialistes Denis et Vincent, nos oenologues (et à toute personne voulant la prendre !!). La question du degré d’alcool fera l’objet d’un article dans une prochaine “info vins”.
Bonjour,
La législation est en pleine évolution; donc c’est encore difficile d’être catégorique. Cependant en l’état actuel des choses, il semble que comme chaque pays va continuer à utiliser ses règles en matière d’AOP et donc, AOC pour nous, les degrés seront bien toujours présents sur les étiquettes.
Je pense que phénomène de degré en hausse est une tendance de fond malheureusement.
En effet pour beaucoup de consommateur encore c’est un signe qualitatif. Autrefois dans les vins de consommation courante l’achat se faisait au degré. Plus le vin en avait, plus cher il était.
Aujourd’hui, on peux vendanger plus tard, et donc on obtient de degrés plus élevés globalement.
Mais cette hausse des degrés correspond aussi à une demande de nouveaux consommateurs qui ont une bouche plus sucrée et qui préfère la chaleur et la rondeur de l’alcool à l’acidité et aux tannins.
De plus la consommation ce fait plus comme une dégustation que comme un accompagnement d’un repas donc le mariage, l’équilibre et l’harmonie sont moins recherchés. C’est une tendance globale, on en boit plus rarement, et on veut quelque chose qui se remarque donc il faut plus d’alcool, plus de tanins, plus de corps, plus de sucre……. Le vin moderne et plus proche en type et en mode de consommation d’un porto ou d’une liqueur que de l’aliment qu’il était autrefois.
Je suis comme vous et pense que cette dérive devient dangereuse pour nos vins de terroirs car elle caricature et standardise. Cela va de plus contre l’usage de consommer du vin régulièrement à table comme un aliment normal. Mais nous sommes malheureusement de moins en moins nombreux à pratiquer cette consommation.
Et pourtant la qualité première d’un grand vin est son équilibre et sa finesse. Pas sa charpente son boisé………….
Bonjour,
Petite précision concernant l’affichage du degré alcool : il est affiché de 0,5 en 0,5. Un vin affiché 12° peut titrer de 11°5 à 12°5. La législation n’autorise pas d’être plus précis.
Par ailleurs les degrés toujours plus élevés sont un vrai problème particulièrement dans les régions du sud de la France. La recherche a fait fausse route il y a quelques années en recherchant et sélectionnant des levures qui produisent plus d’alcool lors de la fermentation. Les levures indigènes permettent sans doute des degrés un peu plus bas et dans tous les cas révèlent mieux le terroir (elles en font partie). Je crois savoir que des recheches de levures produisant moins d’alcool sont en cours…
Il serait trés important de connaitre la composition exacte des vins ,et cela devrait apparaitre sur l’étiquette .C’est à mon avis une notion de respect du consommateur…
La consommation de vin augmente dans le monde mais diminue en France.
Je pense que certaines catégories de producteurs auraient intérêt à tenir compte d’une méconnaissance tout à fait normale que les étrangers ont de notre géographie et de nos terroirs et veiller à utiliser aussi une terminologie “internationale” plus accessible sur leurs étiquettes.
J’ai bu un languedoc de 15° !!
Je pensais qu’à partir de 15°, c’était considéré comme Apéritif ?
pouruoi cette augmmentation du degré d’alcool des vins (jusuq’à 14°5! actuellement)je n’achète pas au delà de 11°5 -12°maxi quand je ne trouve pas, le plus souvent,.. ) pourquoi charger en sucre alors qu’un jus sortant à 10,5 est déjà bien ?
sans doute l’état, réduisant le degré d’alcoolémie au volant, fait augmenter le degré en vente pour pièger les conducteurs !!!!
je plaisante, mais un vin “trop capiteux” comme disait mon père quand le vin courant était à 10,5° n’est pas meilleur, surtout le vin blanc, et on ne trouve plus de ces charmants vins de pays légers et fruités, donc je n’achète plus